11 mars 2021

L’off boarding : comment se dire au revoir ?

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C’est quoi l’off boarding concrètement ? 

             L’off boarding consiste à mettre en place tous les moyens dont dispose une entreprise pour faciliter le départ d’un de ses salariés afin que cette séparation se passe le mieux possible. Il s’agit donc de prévenir l’équipe du départ d’un salarié, d’ajuster son planning, de transmettre ses données afin de passer le relais, de faire le bilan de son expérience, de rédiger une lettre de recommandation mais également de rester en contact.

Pourquoi est-ce si important de réussir le départ d’un salarié ? 

Si le recrutement est évidemment une étape décisive, l’off boarding l’est aussi à différents degrés :

            D’abord parce qu’un départ non réussi peut affecter le climat général de l’entreprise. En effet, les équipes en place peuvent en être particulièrement impactées et démoralisées, ce qui pèse sur la productivité d’une entreprise et l’implication de ses salariés. Selon L’OMS, le stress est à l’origine de 30 % des maladies dégénératives et fait perdre en moyenne 15 à 25 % de productivité aux entreprises (Programme de Recherche « Stress et Compétitivité » d’Alorem). 

           Au-delà d’être une possible source d’anxiété pour les salariés, un off boarding non réussi peu affecter durablement la réputation d’une entreprise. Un ex employé demeure un ambassadeur de l’entreprise et l’image qu’il en a est donc primordiale. Par ailleurs, il existe désormais de nombreuses façons de ternir une réputation. Prenons par exemple l’essor des systèmes de notation. On connait déjà Uber, La Fourchette, TripAdvisor, mais depuis quelques années Glasdoor, Viadeo, Choosemycompany et LinkeD’in proposent des systèmes de notation dédiés aux entreprises. Et comme au restaurant, le dessert est ce que l’on retient du repas… Selon un Sondage CarrerArc de 2015, 38 % des salariés sortants partagent des avis négatifs sur leur ancien employeur.

          Ensuite, un off boarding réussi permet de ne pas couper les liens définitivement. Il est donc essentiel de se quitter en bons termes, et ce, quelle que soit la nature de la relation… car si le salarié peut être impliqué au sein du réseau de l’entreprise, l’entreprise peut également avoir envie de le réintégrer quelques années plus tard. C’est ce que l’on appelle « l’effet boomerang ». En effet, s’il est désormais rare de faire toute sa carrière au sein d’une même entreprise, il est de plus en plus fréquent d’y revenir. D’après une étude menée par Kronos et Workplace Trends en 2018, 15 % des travailleurs interrogés sont retournés chez un ancien employeur. Et, 76 % des RH se déclarent plus disposés à recruter d’anciens employés que ce n’était le cas il y a cinq ans.  D’autant plus que cette réembauche peut apporter de nombreux avantages : valeurs déjà connues, temps gagné pour l’adaptation et la formation, performance plus rapide, nouvelles expériences gagnées en dehors de l’entreprise. Bref, du gain de temps et d’énergie à la clef ! 

           Enfin, une séparation bien opérée est une excellente occasion de recueillir conseils et informations sur son entreprise. Qu’il s’agisse du climat général, de la communication, des process, du management ou des rapports hiérarchiques ; il est possible que l’opinion d’un salarié sur le départ soit plus honnête et constructive qu’un salarié encore présent. L’employeur détient alors une belle opportunité d’apprendre objectivement l’état général de son entreprise et ainsi l’améliorer.

En conclusion : le départ comme l’entrée d’un salarié est une phase importante dans la vie d’une entreprise. La réussir est tout autant bénéfique pour le salarié que pour l’employeur.  Au-delà d’être seulement une question de professionnalisme, le succès de cette étape constitue un réel enjeu d’image de marque. En effet, la qualité de l’expérience d’un salarié au sein d’une entreprise est de plus en plus impactante. Un mauvais départ pourra influencer l’engagement des autres salariés, le partage d’un avis négatif nuira publiquement à l’entreprise et la privera de l’éventuel retour de son collaborateur.