11 mai 2021

Les reconversions professionnelles : un enjeu au cœur de la relance économique

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La Reconversion professionnelle a le vent en poupe

Il est de plus en plus rare de passer l’intégralité de sa vie professionnelle dans le même secteur, qu’il s’agisse d’une envie de changement ou d’obligations à la suite de l’instabilité économique d’un secteur, de nombreux actifs passent par la case reconversion. Une tendance d’ailleurs accentuée par la crise sanitaire et les confinements à répétition. 

Quels sont les profils de ces actifs, leurs motivations et qu’en pensent les recruteurs ?   

               Selon un sondage réalisé par l’institut BVA en 2020, près d’un français sur deux pense à la reconversion professionnelle et 17 % des actifs sont déjà passés par cette étape. Pour 51 % des français déjà en reconversion, le changement de métier est avant tout lié au besoin de se sentir utile et de redonner du sens à ses actions. Pour 49 % d’entre eux, c’est le besoin de rééquilibrer leur vie pro et perso et de gagner en liberté qui fut l’élément déclencheur. Et pour 36 %, la reconversion s’est faite afin de replacer leur passion au centre de leur vie professionnelle. Chez les cadres, l’idée de se reconvertir professionnellement est bien plus présente. En effet, 83 % affirment y réfléchir. Parmi eux, 14 % ont déjà franchi le pas. 20% sont actuellement en reconversion professionnelle et 40 % en recherche d’informations (selon un sondage de Cadremploi). La réorientation professionnelle est donc un véritable enjeu pour le monde du travail et le sens donné à cette reconversion n’est pas anodine. 

Se reconvertir oui, mais pour aller où ? 

            Certains secteurs sont aujourd’hui plus porteurs que d’autres. Depuis la crise de la Covid 19 notamment, le monde digital – déjà important – s’est vu devenir l’un des « acteurs principaux » du maintien économique des entreprises. Les secteurs de la tech, du numérique et particulièrement de la sécurité informatique recrutent abondamment. A l’instar, les domaines liés aux énergies renouvelables, la rénovation énergétique et l’écoconstruction ont également le vent en poupe. Leurs points communs ? Tous, sont des secteurs que l’imaginaire collectif associe au « monde de demain ». 

Si la reconversion professionnelle concerne une grande partie des actifs français, que pensent les employeurs de ce type de profil ?

Les employeurs Français face à la reconversion

           Certains recruteurs, prudents, hésitent encore à sélectionner ces profils atypiques au profit de profils plus classiques. Seulement 62 % des entreprises auraient déjà embauché un candidat issu de la reconversion professionnelle ; par peur de la non-opérationnabilité immédiate, d’un âge trop avancé et donc peu « formatable » ou encore du manque d’expérience dans ledit domaine. Pourtant, les avantages sont nombreux : une expérience précédente signifie des compétences transversales ainsi qu’une implication professionnelle potentiellement plus grande, puisqu’ils ont fait l’effort de reprendre une formation pour obtenir ce poste. De plus, ce type de profil peut être valorisé pour ses qualités d’adaptation et de motivation. Ce constat est d’ailleurs partagé par 86 % des entreprises ayant recruté des candidats issus de la reconversion professionnelle, qui affirment en être parfaitement satisfait. 

La reconversion au cœur de la relance

Un autre enjeu au cœur de la reconversion professionnelle est la relance économique. En effet, le monde évolue, le marché du travail aussi. Comme dit précédemment, des secteurs périclitent, d’autres émergent. Faciliter le recrutement de ces convertis accélère donc la reprise économique en fluidifiant le marché de l’emploi et en permettant une plus grande adaptation entre formation et nouveaux métiers. Selon une étude publiée par Dell et l’Institut pour le futur, 85% des emplois de 2030 n’existent pas encore. Ne pas s’engager sur cet aspect c’est donc bloquer la transition économique, écologique et sociale. 

               Ainsi, la reconversion professionnelle est un besoin pour les salariés : le manque de sens, de stimulation intellectuelle ou de cohérence avec ses valeurs personnelles poussent des milliers d’actifs dans cette voie. Pour les entreprises, ces convertis sont une source d’implication plus forte dans leur nouveau métier et leur expérience précédente ajoute à leur profil davantage de flexibilité et d’adaptabilité. Économiquement, la reconversion fluidifie le marché en adaptant besoins et salariés. Enfin, d’un point de vue sociétal, cela annonce une évolution cohérente avec le « monde de demain », les secteurs d’avenir tels que la transition énergétique ou les nouvelles technologies embauchant à tour de bras. 

La reconversion professionnelle est donc un enjeu majeur dans le monde du travail et peut-être est-il temps de s’engager collectivement dans cette démarche en proposant un quota d’embauche spécifique pour les salariés en reconvertis dans les entreprises et par davantage d’aides de l’Etat.