18 décembre 2020

Est-on entré dans l’air de l’ultra transparence en entreprise ?

# Article

L’ultra positivisme la fin d’une ère? 

Entre les comparateurs, les avis Google, Facebook, Trustshop, Truspilot, Avis vérifiés et les réseaux, il est de plus en plus rare pour une entreprise de vendre un produit sans mettre en avant ses avis et recommandations clients. 

9 internautes sur 10 consultent les avis avant un acte d’achat, il n’est donc pas étonnant que ce mouvement se soit étendu à l’e-réputation et à l’emploi (Glassdoor, Great place to work, et autres classements). Si hier l’entreprise se vendait, elle cherche aujourd’hui aussi à être validée. Et quoi de mieux que d’être recommandé ? 

Se pose maintenant une question : Les salariés ont-ils confiance en ces avis ? 

En 2020, 68 % des consommateurs déclarent avoir davantage confiance lorsqu’ils voient apparaître également des avis négatifs. Effectivement, des avis exclusivement positifs cachent quelque chose. Les êtres humains comme les entreprises ne peuvent avoir un parcours sans accros.

Ainsi, trop de positif = manque de transparence. Notre point de vue ? A l’instar des consommateurs, nous aimerions voir davantage d’authenticité. 

Par exemple : si l’on osait reconnaître que l’on s’est trompé, qu’on ne sait pas ou que l’on aurait pût faire les choses différemment ?
Le fait que 68% des consommateurs déclarent avoir plus confiance quand ils voient aussi des avis négatifs n’est pas anodin, cela souligne que l’on souhaite davantage de transparence puisque de toutes évidences, rien n’est absolument parfait.

En entreprise l’erreur rassemble ?

Sur le thème de l’emploi et du recrutement, l’ultra positivisme chronique est un véritable sujet. “Pour soutenir la croissance de…” alors qu’il y a eu 3 démissions, ne peut fonctionner. Plus grave encore, cela banalise un message de croissance et de développement que connaissent peut-être d’autres structures. (Je ne comprends pas ce que tu veux dire ?)

Depuis des années l’apparence est le mot d’ordre et nombre de sociétés orientent leurs communications RH exclusivement sur des aspects positifs, quitte à mentir ou omettre certains détails de la situation. Dans l’idée qu’il faut à tout prix montrer au marché, aux clients et aux candidats que tout va parfaitement bien, et que seule une communication positive est synonyme d’attractivité.

Peut-être avant mais maintenant… c’est faux !

Les candidats étant aujourd’hui focalisés sur le sens, l’entreprise se doit de revoir son rapport à l’erreur en étant tout aussi transparente sur ses succès que sur ses loupés. En effet, si les candidats cherchaient la société parfaite, ils veulent désormais la société honnête qui a pu se relever. L’erreur rend accessible, et non seulement elle rassure mais elle rassemble !

L’ultra transparence ça ressemblerait à quoi ?

Selon nous, l’ultra transparence est un processus qui requiert une certaine humilité. On s’expose énormément puisque les hésitations, les erreurs, les moindres failles sont visibles. Les entreprises ont peur d’être jugées et surtout incomprises. Même si les candidats demandent toujours plus de transparence, nous entrerons dans l’ère de l’ultra transparence lorsque les entreprises seront réellement authentiques et qu’elles auront mis une partie de leur égo de côté. Et pour cela, il va faudra lâcher prise sur de vieux héritages.

Comme l’écrit si bien Michel Coupal : “Savoir et montrer qu’on a réussi est rassurant, tandis qu’apprendre face à une erreur commise peut être insécurisant.”  Les dirigeants perdront, certes, leurs repères un instant mais feront gagner à leurs sociétés de la performance. Ils seront par ailleurs d’autant plus inspirants. Et feront également générer de la confiance vis-à-vis de l’authenticité des valeurs de la société. 

Pensez-y un instant : dès qu’une erreur est commise, plutôt que de voir apparaître un climat de déni et de blâme, et si l’on voyait apparaître un climat de questionnement, d’amélioration continue et d’entraide ? S’il est impossible de revenir en arrière, avant que l’erreur soit commise, il est possible de se positionner adéquatement pour qu’elle ne se répète pas.

Nous serons dès lors dans l’ultra transparence.